12/10/2025

"Le doute tue plus de rêves que l'échec ne le fera jamais."
— Suzy Kassem
Si vous lisez cet article, il y a de grandes chances que vous ayez déjà ressenti cette boule au ventre avant une séance importante ou avant de publier un contenu. Cette petite voix qui murmure : "Qui es-tu pour donner des conseils ? Il y a des gens bien plus diplômés/expérimentés que toi."
Pendant longtemps, j'ai cru que pour devenir un excellent coach, je devais tuer ce syndrome de l'imposteur. Je pensais que le but ultime était d'atteindre une confiance en soi absolue, inébranlable.
J'ai passé des années à chercher cette confiance. Spoiler : je ne l'ai toujours pas trouvée mais c'est la meilleure chose qui me soit arrivée. Voici pourquoi.
Le piège dans nos métiers d'accompagnement, c'est de croire que la légitimité vient d'un diplôme supplémentaire ou d'une validation extérieure.
J'ai vu des coachs brillants repousser le lancement de leur offre pendant 2 ans parce qu'ils voulaient "juste une certification de plus".
L'erreur fondamentale est ici : Nous pensons que la confiance précède l'action. Nous attendons de ne plus avoir peur pour agir. Or, la peur ne disparaît jamais vraiment quand on sort de sa zone de confort.
Un jour, lors d'une supervision, j'ai réalisé quelque chose de crucial. Mes clients ne venaient pas me voir parce que j'étais le gourou qui avait réponse à tout. Ils venaient me voir parce que j'avais quelques pas d'avance sur eux sur un chemin précis.
J'ai alors opéré un changement radical dans ma communication et ma posture interne.
Au lieu de me dire "Je dois prouver que je suis le meilleur", je me suis dit :
"Je ne suis pas là pour impressionner, je suis là pour servir."
Cette simple phrase (que je vous invite à noter) a tout changé. Quand vous êtes focalisé sur l'aide que vous apportez à l'autre, votre ego (et donc votre peur d'être jugé) s'efface.
Voici les 3 étapes que j'utilise et que je transmets aujourd'hui pour "danser" avec ce syndrome plutôt que de le combattre :
1. Accepter que le doute est signe de compétence
L'effet Dunning-Kruger nous enseigne que seuls les incompétents n'ont aucun doute. Si vous doutez, c'est que vous avez conscience de la complexité de l'humain. C'est un gage de qualité et d'éthique. Dites-vous : "Je doute, donc je suis conscient de mes responsabilités."
2. Documenter plutôt que prêcher
Au lieu de vous positionner comme "L'Expert qui sait tout", positionnez-vous comme "L'Explorateur qui partage ses trouvailles".
Ne dites pas : "Voici la vérité absolue."
Dites plutôt : "Voici ce que j'ai testé et ce qui a fonctionné pour moi."
3. La "Boîte à Preuves"
C'est un outil très concret. Créez un dossier sur votre ordinateur (ou un carnet). À chaque fois qu'un client vous remercie, qu'on vous fait un compliment, ou que vous réussissez une petite étape : faites une capture d'écran et mettez-la dedans.
Les jours où vous vous sentez nul (ça arrive à tout le monde), ouvrez ce dossier. Ce sont des faits, pas des émotions. Votre cerveau ne peut pas nier les preuves.
En acceptant mon syndrome de l'imposteur :
Je suis devenu plus humble et plus accessible pour mes clients.
J'ai osé lancer des projets imparfaits qui ont eu beaucoup de succès.
Je ne perds plus d'énergie à essayer de "paraître", je l'utilise pour "être".
Ne cherchez pas à faire taire cette petite voix, elle fait partie du voyage.
Le doute est normal : c'est le prix à payer pour grandir.
L'action crée la confiance, et non l'inverse.
Focalisez-vous sur le service rendu : Si vous aidez une seule personne, vous êtes légitime.
Je terminerai par cette citation de Socrate, le premier des coachs :
"Tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien."
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